Maternité et retour au travail

On vous livre aujourd'hui notre ressenti sur le retour au travail après bébé !

Et vous ? Pressés de retourner travailler ? Dites-nous tout !





Claire :

𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐨𝐮̀ 𝐣’𝐚𝐢 𝐬𝐮 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐚𝐮 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 :

Permettez moi de planter le décor : Olympe est un bébé surprise. J’ai appris son existence dans les toilettes de mon école alors que deux copines discutaient Politique de rémunération, persuadées que c’était une fausse alerte. J’étais en alternance, donc en partie à l’école et en partie au travail, à moitié entrée dans le monde professionnel et à moitié dans le bachotage pré-examen. Et là soudain...j’avais un bébé dans mon ventre. Relativement rapidement tout s’est mis en place. Je pouvais faire une pause entre mes deux années de master et serais donc au chomage pendant mes 6 derniers mois de grossesse, lovée dans mon canapé en préparant la Rencontre avec un grand R.

Et puis voilà un jour elle est entre mes bras. Je me débat avec l’allaitement qui ne marche pas, le retour du papa après 4 mois de mission et puis rapidement je sais qu’il est temps de rechercher une alternance pour finir ma deuxième année de master. Je m’imagine retourner dans mes mois partagés entre le travail et l’école. Des semaines où je débute des projets que je n’ai jamais le temps de finir. Retrouver les cours à géométrie variables et les examens toute l’année alors que je dois déjà gérer ce tout petit bébé…

Alors vraiment, moi je n’ai jamais eu un jour où j’ai su que je devais retourner au travail. Tout ce que j’ai su, c’est que je ne pouvais pas laisser mes études en plan et donc que j’étais obligée de me lancer à corps perdu dans une année scolaire qui s'annoncait éprouvante sans famille pour m’épauler et avec un papa au travail très prenant.

J’ai donc fait ce que toute personne sensée aurait fait : Je me suis coupé les cheveux et les ai teint en rose. Mon seul objectif était clairement que des recruteurs potentiels prennent peur ou du moins, trouver une entreprise qui accepte toute sorte d’excentricités et donc le bazar auquel peut ressembler une vie de maman. Et puis j’ai fait la rencontre d’une super équipe qui a accepté mes retards, mes cernes, mes t-shirts plein de lait et les cheveux que j’ai recoloré en bleu. Coeur avec les doigts.

𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐨𝐮̀ 𝐣’𝐚𝐢 𝐥𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞́ 𝐛𝐞́𝐛𝐞́ : Bon ça y est, j’ai trouvé une alternance. Ma nounou est meilleure que la meilleure de tes copines. Mais maintenant il faut y aller. Pour mon premier jour je ne retrouve pas mon bureau avec une photo défraichie de mes chats. Je n’irais pas faire de pause café avec mes collègues en leur montrant des photos du fruit de mes entrailles. J’arrive en terre inconnue, dans un poste que je ne maîtrise pas (ben oui parce que je le principe de l’alternance c’est de se faire former, vous suivez ? ) avec des preuves à faire du côté travail et une classe avec de parfaits inconnus pour mes cours. Ca vous fait déjà peur ? Moi aussi je ressens une légère boule au ventre devant autant de nouveautés. Mais ce qui me fait vraiment peur c’est de laisser ma petite fille. Elle a 2,5 mois. Rien qu’en y repensant je suis bouleversée 2,5 mois. Mince, même un bébé girafe n’est pas armé pour survivre sans sa maman à 2,5 mois ! Pourquoi ce tout petit être devrait être séparé de moi alors qu’à chacun de ses pleurs c’est comme si la Terre s’arrêtait de tourner ? Qui se rendrait compte de son importance ? Qui lui accorderait les regards et le temps que je lui offre ?

Là vous vous dites qu’il faut que je me calme et vous avez bien raison. Mais vraiment la veille de la laisser chez la nounou je fonds en larmes. J’en veux à la terre entière d’arracher cet enfant de mes bras pour que mon CV soit présentable. Et puis il y a une autre question qui me hante. Elle va passer ses journées avec une femme que j’ai rencontré 3 fois. Cette inconnue, j’avais peur que ma fille me confonde avec elle, qu’elle l’aime plus que moi…

𝐉’𝐚𝐢 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐜𝐫𝐮 𝐪𝐮𝐞… Jamais je ne serais épanouie dans la maternité. Et pourtant quand j’y ai pris goût j’ai eu la sensation qu’on me demandait immédiatement de quitter un rythme que j’avais eu tant de mal à prendre.

𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐨𝐮̀ 𝐣’𝐚𝐢 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐡𝐞𝐮𝐫𝐞𝐮𝐬𝐞 𝐚𝐮 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 : Je l’ai déjà dit, mais c’est important : le papa de ma fille fait des horaires très larges et a du temps de trajet. De son départ à 6h au matin à son retour à 19h j’étais donc en charge de la maison et donc de ma fille. Sans grands-parents pour nous épauler, le levé, la préparation, le vomi sur le palier, le détour chez la nounou tout ça c’était pour moi. Donc forcément en arrivant au travail j’avais déjà vécu une première vie. Au travail j’avais la tête aux cours et à la maison bien que l’entreprise pour laquelle je travaillais était passionnante ! Pour moi ce n’était pas un endroit d’épanouissement mais juste un espace de plus à gérer.

Et puis à la fin de mon année scolaire j’ai tout abandonné : Nous avons convenu de stopper notre relation avec mon employeur (pour des raisons financières aussi), je n’ai pas rendu le dernier mémoire pour valider mes 5 années d’études et j’ai quitté le papa de ma fille.

Pour être réellement heureuse au travail j’ai dû me libérer d’une partie de la pression que je ne gérais plus.

Aujourd’hui enfin, je suis réellement heureuse au travail. Je fais un métier que j’adore. Je suis entourée de collègues avec lesquels je m’entends vraiment bien et mon manager me fait suffisamment confiance pour que je sache qu’en cas de besoin je peux emmener ma fille chez le médecin, arriver en retard et prendre en compte l’organisation de ma vie de famille dans des déplacements ou des évènements professionnels. Oui, j’ai l’impression de courir après le temps en permanence. Oui, j’ai toujours l’impression que je n’arrive pas à faire tout, tout le temps avec suffisamment d’efficacité. Mais au quotidien je respire au travail et j’ai une relation apaisée avec ma fille.





Gaëlle :

𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐨𝐮̀ 𝐣’𝐚𝐢 𝐬𝐮 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐞 𝐝𝐞𝐯𝐚𝐢𝐬 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐚𝐮 𝐭𝐫𝐚𝐯𝐚𝐢𝐥 :

Vous épanouissez-vous dans le bruit et avec des traces de vomi sur vos habits ? Aimez-vous être sollicité 12 236 fois par jour sans pouvoir vous échapper ? Avez-vous pour habitude de manger tous vos repas (cuisinés entre deux micro-siestes) froids ?

Si vous répondez non à toutes ces questions, vous comprendrez sans doute pourquoi je fais partie de celles qui ont attendu impatiemment la reprise du travail ! En hyperactive – presque – inépuisable, je savais que je voulais reprendre au plus vite une vie sociale bien remplie. Pour certaines, l’idée de devoir se séparer de son chérubin paraît être la fin du monde alors que pour moi, cela a plutôt été le contraire.

𝐉’𝐚𝐢 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐜𝐫𝐮 𝐪𝐮𝐞… …avoir un bébé collé à moi H24 me plairait, et pourtant il s’est avéré que j’avais aussi besoin de retrouver MA liberté ! Ça peut paraître gênant de le penser alors qu’on entend souvent « qu’il faut en profiter car ça passe tellement vite », mais rassure-toi maman, tu n’es pas la seule à avoir hâte de retrouver le boulot, tu sais. A TOI maman, tu n’es pas la seule qui avait clairement sous-estimé le temps que tu consacrerais à ton bébé dans sa première année de vie. Tu savais que ça allait être beaucoup, mais tu ne pensais pas que ça allait être tout le temps, jour et nuit, même quand tu dors (ou pas). Que tu n ‘aurais presque aucun temps pour toi et tu as (peut-être) fini par te sentir esclave de ton bébé. Malgré la peine que cette pensée te cause, tu as hâte de réaliser des tâches qui ne seront pas axées sur ton enfant et tu sais que ça te fera un bien fou. En voyant le papa partir pour le boulot après son congé, tu n’es pas la seule à ressentir de la jalousie. Tu l’enviais d’avoir d’autres préoccupations que votre enfant le temps de quelques heures et tu t’ennuyais des moments où toi aussi, tu vivais des challenges professionnels. Inutile de dire que ça va te faire du bien de reprendre des conversations avec des adultes, histoire de te rappeler que tu sais dire autre chose que des mots de deux syllabes. Tu n’es pas la seule à t’être sentie cloîtrée à la maison pendant ton congé. Tu sais qu’à la reprise du travail tu n’auras que toi et ton tire-lait (car OUI on peut allier allaitement et reprise du travail, mais ça fera l’objet d’un prochain post) à traîner jusqu’au bureau.

Oui oui, JUSTE ça! Et même si tu t’es sentie mise de côté le temps de ton absence, rappelle-toi des habiletés maternelles que tu as acquises pendant ton congé et n’hésite pas à les mettre en application, ça compensera ta mémoire qui est partie en même temps que ton placenta lors de ton accouchement !

𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐣𝐨𝐮𝐫 𝐨𝐮̀ 𝐣’𝐚𝐢 𝐥𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞́ 𝐛𝐞́𝐛𝐞́ : En résumé : - Moi : bonjour, je vous laisse Eléanore pour sa période d’adaptation. Oui, elle mange bien, oui elle dort bien, oui elle est calme. - Le personnel de la crèche : Avez-vous des remarques particulières à nous transm… Hey madame ! Attendez ! - Moi : * claque la porte et part s’acheter un pain au chocolat *

Le premier jour où j’ai été heureuse au travail : Tout simplement le jour où j’ai repris mon vélo pour m’y rendre !

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